Retour sur la journée scientifique « Politiques publiques en matière d’alimentation saine et durable : perspectives France-Québec »

Le 30 novembre dernier se tenait, à l’INAF, la journée scientifique intitulée « Politiques publiques en matière d’alimentation saine et durable : perspectives France-Québec » organisée conjointement par l’INAF, le Centre NUTRISS, l’axe Politiques publiques et santé des populations du Réseau de recherche en santé des populations du Québec ainsi que l’École des hautes études en santé publique en France.

L’évènement a rassemblé une soixantaine de chercheur.euse.s et d’étudiant.e.s français.e.s et québécois.e.s intéressé.es par les politiques publiques en matière d’alimentation saine et durable dans le but de favoriser l’interconnaissance et soutenir l’émergence de collaborations de recherche sur ce sujet.

Le panel a été modéré par Véronique Provencher, professeure titulaire à l’École de nutrition de l’Université Laval ainsi que responsable de l’axe Nutrition et société au Centre Nutrition, santé et Société (NUTRISS) et Carole Clavier, professeure titulaire au département de science politique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et responsable de l’axe Politiques publiques et santé des populations au Réseau de recherche en santé des populations du Québec (RRSPQ).

Les huit panélistes – Éric Breton, Lana Vanderlee, Chantal Julia, Laurence Guillaumie, Sophie Nicklaus, Éric Robitaille, Marine Friant Perrot, Jacqueline Wassef et Isabelle Michaud-Létourneau – ont tour à tour présenté leurs recherches en lien avec l’alimentation saine et durable.

D’abord, Éric Breton, professeur à l’École des hautes études en santé publique, a abordé le positionnement des industriels face à la réforme de la taxe française des boissons sucrées tout en soulignant la reconnaissance de la consommation de sucre comme un problème de santé publique. Il a également précisé que sa recherche porte sur les Contrats locaux de santé (CLS) qui sont des programmes d’action entre une agence régionale et une gouvernance territoriale et qui permet de compenser la centralisation de la gouvernance en matière de santé publique en France.

Lana Vanderlee, professeure adjointe à École de nutrition ainsi que chercheuse au Centre NUTRISS de l’Université Laval a, quant à elle, présenté le Réseau INFORMAS. Il s’agit d’un réseau international qui a pour objectif de développer des méthodes standardisées et rigoureuses et pouvant être adaptées à plusieurs pays afin d’effectuer une surveillance dans le domaine des environnements alimentaires.

Chantal Julia, enseignante chercheuse rattachée à l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN), à l’Université Sorbonne Paris Nord, a partagé l’exemple du Nutri-Score pour démontrer la pertinence de la recherche dans le développement de politiques publiques. Elle a notamment expliqué que le Nutri-Score permet de maintenir une hiérarchie entre les groupes alimentaires et améliorer la capacité des individus à classer les aliments.

Ensuite, Laurence Guillaumie, professeure à la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval et chercheuse au centre NUTRISS, a partagé un modèle de recherche partenariale avec la région de la Mauricie. Cette recherche a pour but de promouvoir la mise en place d’un système alimentaire territorial (SAT) durable, ce qui comporte certains défis. Elle a par exemple mentionné la difficulté d’accéder à des données probantes.

Sophie Nicklaus, directrice de recherches du Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) à Dijon s’est exprimée sur les différents travaux de recherche sur les déterminants des comportements alimentaires sains et durables au cours de la vie dans un contexte d’abondance alimentaire et de développement de l’obésité. L’objectif de ces travaux est notamment d’étudier les comportements alimentaires en matière de choix et d’appréciation des aliments sur différents types de population.

Éric Robitaille, chercheur à l’Institut national de santé publique (INSPQ), a pour son part analysé dans quelle mesure les travaux en cours dans son équipe contribuent à une meilleure compréhension de la promotion d’environnements alimentaires favorables à l’alimentation saine et durable. Il a ainsi évalué la contribution de chaque projet aux quatre principes essentiels à la mise en place de ces environnements alimentaires sains et durables, soit une alimentation saine, équitable, qui répond au principe de proximité ainsi qu’au principe écologique.

Après une courte pause, Marine Friant Perrot, maître de conférences à la Faculté de droit et de sciences politiques de Nantes a présenté les différents instruments juridiques issus du droit européen permettant de protéger les enfants du marketing alimentaire. Elle a notamment expliqué qu’il existe peu d’instruments juridiques de ce type, ce qui laisse une certaine marge de manœuvre aux États membres de l’Union européenne.

Enfin, Jacqueline Wassef et Isabelle Michaud-Létourneau, respectivement chargée de cours et professeure associée à l’École de santé publique de l’Université de Montréal ont partagé leur expertise sur la formation en allaitement des professionnels de la santé au Québec. Tout en soulignant l’importance de reconnaître l’allaitement comme un aliment, elles ont également rappelé que la promotion de l’allaitement doit aller de pair avec un soutien adéquat pour les mères.

À la suite du panel, deux étudiant.es de l’Université Laval ayant répondu à un appel à communication ont présenté leur projet de recherche respectif. Habila Adamou, doctorant en aménagement du territoire et développement régional effectue une recherche sur la construction d’indicateurs longitudinaux de l’environnement alimentaire. Pour sa part, Antsatiana Jésuelle Rabialahy, doctorante en santé communautaire a présenté les résultats préliminaires de sa recension d’outils d’évaluation des systèmes alimentaires territoriaux.

La journée s’est terminée par une activité sur invitation destinée aux chercheur.euse.s français.e.s et québécois.e.s intéressé.es par les politiques publiques en matière d’alimentation saine et durable. Cette période d’échanges riches et fructueux avait notamment pour objectif d’identifier des possibilités de collaboration.

Un grand merci aux membres du comité organisateur pour la réalisation de cette activité !

Membres du comité :

  • Véronique Provencher, NUTRISS, INAF, Université Laval
  • Carole Clavier, RRSPQ, UQAM
  • Yann Le Bodo, EHESP, Université de Rennes/Consortium Soda Tax
  • Jacqueline Wassef, RRSPQ, ESPUM, UdeM
  • Éliane Picard – Deland, INAF, Université Laval
  • Maël Permal, RRSPQ, UQAM
  • Catherine Fontaine-Lavallée, INAF, Université Laval